La formation

Nos cheminements respectifs nous conduisent à penser que la trajectoire qui les sous-tend permet le développement d’un double outil, thérapeutique puis analytique : la compétence psychanalytique vient s’ajouter à la compétence psychothérapeutique dans l’expérience approfondie de la relation avec l’inconscient.

Ce processus formateur se déroule au fil du temps où se joint à une formation académique sur le fonctionnement psychique et la psychopathologie, deux analyses personnelles successives, de la supervision et des activités clinico-théoriques entre pairs,.

 

Nous considérons que la formation en psychanalyse est continue et sans terminaison, au plan clinique comme au plan théorique. Elle procède de l’entretien, tout au long de la pratique analytique, de la relation à l’inconscient, pour nous-mêmes et en situation clinique, autant que de l’élaboration de cette relation, seuls ou dans les échanges avec nos pairs.

 

Nous ne reconnaissons pas, ou plus, de formation initiale qui pourrait être déclarée suffisante pour exercer, ou bien considérée comme un premier échelon au sein d’une association/société professionnelle où il serait question d’atteindre un jour le statut de formateur, souvent nommé didacticien dans le monde psychanalytique. 

L’horizontalité de fonctionnement que nous nous sommes donnée est cohérente avec le fait que chaque membre se trouve formateur autant qu’en formation, pour lui-même et pour ses pairs.

 

Nous envisageons la formation du psychanalyste et du psychothérapeute comme un processus continu de développement de la compétence à exercer, compétence qui se travaille dans le compagnonnage avec des pairs et dans un cheminement personnel.

 

L’émergence de cette compétence, telle que nous le comprenons, procède d’un désir puis d’une demande spécifique et personnelle. Son maintien, sa stabilisation dépendent des deux types d’acquisitions suivantes : d’une part celle d’un savoir théorique, durant un parcours universitaire dont nous reconnaissons la valeur, incluant un enseignement sur les différentes conceptions du fonctionnement psychique et de la psychopathologie et d'autre part dans des groupes de travail entre pairs. 

 

La compétence à exercer la psychothérapie et la psychanalyse relève également d’une expérience, à travers l’analyse personnelle, les supervisions de ses propres patients, l’atelier clinique qui permet la confrontation à l’accueil, l’écoute et l’expérience des autres, mais aussi à ce que cela anime en nous, qu’il nous revient d’élaborer dans un après coup intime. 

En outre, il revient à chacun.e d’évaluer la nécessité de reprendre une analyse personnelle et/ou de la supervision à tout moment de sa pratique. Il ne nous apparait pas possible, au regard de la rigueur éthique que nous voulons suivre, que la reprise d’une analyse personnelle ou d’une supervision se fasse avec un autre membre du Collège de Psychologie Analytique. Un membre qui éprouve la nécessité de reprendre un travail personnel, analytique ou de supervision, doit s’adresser à un professionnel à l’extérieur de l’association.

 

A la lumière de nos parcours respectifs, nous pensons que la formation des psychanalystes et des psychothérapeutes passe par les études supérieures et leur validation diplômante, ouvrant droit à l’usage du titre de psychothérapeute. Pour autant nous sommes conscients que les études supérieures ne garantissent ni les qualités psychothérapeutiques ni la rigueur éthique. C’est le cheminement global, incluant donc le travail personnel et entre pairs qui soutient l’émergence et le maintien de ces qualités.

 

Nous pensons que la compétence permettant d’exercer en tant que psychanalyste ou psychothérapeute advient dans le creuset de l’expérience clinique, articulée aux partages théorico-cliniques qui lui sont associés. 

C’est dans cet esprit que le Collège de Psychologie Analytique propose des ateliers cliniques spécifiques, la possibilité de co-visions hors de l'atelier clinique fréquenté et des activités théorico-cliniques qui permettent de confronter la clinique à la théorie, dans un compagnonnage d’expérience et plus dans un enseignement de type maître/élève. 

 

La formation maître/élève, caractéristique notamment des études universitaires, donne les clés d’un savoir, d’une épistémologie, travaille la compétence à faire dialoguer des auteurs entre eux et à en témoigner par écrit. Elle  pousse à explorer une discipline et peut favoriser l’esprit critique.

Le compagnonnage que nous promouvons favorise la relation à l’expérience dans l’abandon d’un rapport à une vérité définie. Dans un atelier clinique, par exemple, la diversité des approches se manifeste en fonction de chaque clinicien. La théorie n’est plus là au premier plan, elle ne constitue qu’une grille de lecture parmi d’autres derrière la relation et l’éthique qui déterminent notre position de thérapeute et d’analyste comme notre attitude collégiale dans le compagnonnage.

L’expérience de la formation sur le mode maître /élève et celle du compagnonnage entre pairs ne s’excluent pas l’une l’autre. Leur complémentarité se noue dans l’advenue de la position clinique analytique au sein du travail personnel de chacun.e.

 

La relation à l’inconscient étant mouvante, se renouvelant en permanence, elle ne peut s’appréhender uniquement de manière intellectuelle dans l’écoute de l’inconscient. Il s’agit d’une expérience tout autant liée aux fonctions relationnelles et d’évaluation subjective.

 

Les différentes théories correspondent à des modes d’organisation et de fonctionnement psychiques personnels, d’où des théories existantes variées mais dont aucune ne peut prétendre détenir une vérité objective. Elles parlent d’orientations diverses, de parcours liés à des contextes culturels et historiques et, quelque soit leurs portées individuelle ou collective, elles restent ancrées dans la subjectivité de leurs auteurs respectifs.

 

D’où ce choix naturel de l’ouverture de notre association à d’autres approches théoriques que celle de CG Jung, dès lors que la relation à l’inconscient y est centrale. Car nous ne considérons pas l’inconscient en tant que tel comme objet de travail, mais notre relation en tant que sujet à l’inconscient comme le fondement de notre pratique et précisons l’une des visées psychanalytiques à laquelle nous adhérons : dans l’analyse il est question de lâcher les conceptions de la relation à l’inconscient, bien décrites par les pathologies et les mécanismes de défense, pour se centrer sur la relation à l’inconscient à l’intérieur du bain transféro-contre-transférentiel.

 

La formation continue relève de la responsabilité de tous, dans le soutien de chacun.e, traversant des processus inconscients ; c’est une responsabilité collective autant qu’individuelle. Dans les temps de travail en groupe quelque chose se perçoit de ce que traverse l’autre ; c’est de la responsabilité de chacun. Chacun.e se trouve par le fait aussi en position de thérapeute à cet endroit là. L’accueil bienveillant ne suffit pas. Une position thérapeutique inconsciente mais également en conscience est présente et  convoque la responsabilité collective.